San Sebastian de la Gomera, le 10/11
Je rends les clés des douches à la capitainerie, le temps d' un déjeuner, un petit café sur la digue du port, seul, en regardant vers le large............ ca y est, je suis pret, j y vai.................
Moteur en route, manoeuvre de sortie.... pas de vent, ca commence bien....
Quelques heures apres, 3 autres voiliers debarquent dans ce mouillage improvisé, guidés par nos feux de mouillage. Visiblement ils avaient le meme objectif que nous....
Au petit matin nous sommes 4 voiliers francais et un petit suedois ( 6 m )
Une petite brise se lève, j avale mon ptit dej', et envoie genois et GV, remonte l' ancre........ c est partit pour la Guyane, sympa de quitter la terre sans le bruit d un moteur.....
La journée n est pas tres violente, a la nuit ca repetole dur. A 3 heures du mat', le vent remonte, je descend le spi et envoie le genois, cap au 210
11H, j envoie la GV, c est tres mou quand meme..... Alors que la terre a disparu depuis la fin de nuit ( l ile de Hierro ), je croise un voilier norvégien. La communication VHF est difficile, nous parlons mal l anglais et nous n arrivons pas à nous comprendre, chacun baragouine un bon voyage à l autre, visiblement ils partaient sur l' Afrique ou le Cap Vert. Et là, vexation suprème, ils me doublent......Un peu énérvé, j' envoie le spi, je vais leur montré ce qu est un cognac..... et les "grille" joyeusement.....
Puis le vent monte, le spi descend, n ayant pas trop envie de mettre la GV de crainte d un empannage involontaire, j envoie le vieux genois de 30 ans et un foc tangonné en ciseau, le bateau marche bien, on croirai presque que Takari est sur des rails....
Le temps de faire cette photo tout de suite, au moins j' aurai une preuve, c est une dorade coryphene de 40 cm, à peine à bord, je la tue à la "takarienne", ( voici la recette : A bord, pas de souffrance, pas de sang, il faut donc lui faire un beau coma éthilique en lui envoyant de l alcool dans les bronchies, seulement voila, la seule chose que j' ai oublié de prendre, c est de l alcool, alors la methode "takarienne" est de le faire au ......................... COGNAC !!!!! ca ne s' invente pas..... ) puis la découpe en filet et preparé à la tahitienne ( c est a dire crus, au jus de citron, vinaigre balsamique, oignon, fines herbes, etc...... )
En meme temps que je fais la popote, je croise un globicéphale noir, mais il ne s' attarde pas autour du bateau.
Le 13/11, 67miles/jour
C est toujours très calme, j' ai bien dormi, je crois meme que cette nuit etait plus stable que souvent aux iles de Lérins.......
Il reste 2554 miles pour la Guyane.
Il y a une bande de vent, j y accourt donc ( enfin à 1,2 nds.... ), et hop, le vent rentre......... enfin me dis-je..... Dans la manoeuvre, j apercois trois gros mamipheres, mais ils sont trop loin pour que je puisse les identifier, d un autre coté je préfère qu' ils restent loin ( surtout loin du safran et aileron de safran..... voyez vous ? )
18H45, une autre dorade à bord, je crois que je deviens bon pecheur. Les conditions restent tres cool, je me sens en harmonie avec Takari, un bonheur simple comme un sillage qui s allonge......
Au niveau météo, Dom' me dit que je suis sur une dorsale anticyclonique.... et moi qui esperait avoir un bon alizé après tiré à 150 miles au sud.......... ben c' est loupé.
Le 14/11
Ca avance enfin, spi, GV et pilote à 6-7 nds, à 9 h encore un cargo, il a fallut que j' abatte pour me devier de sa route. La Mascotte fait bien son boulot, la preuve :